La fin de 37 ans de service soulignée par un dernier tir d’obus

Article / Le 7 février 2020 / Numéro de projet : 20-0011

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Par le Ltv Andrew McLaughlin, officier des affaires publiques du 31e Groupe-brigade du Canada, et le Cpl Cody Misner, du régiment The Grey & Simcoe Foresters

Meaford (Ontario) — Par un frais après-midi d’octobre, le major (à la retraite) Greg Frank s’affairait à charger un obusier C3 de 105 mm. C’est une tâche qu’il a accomplie littéralement des milliers de fois au cours de sa carrière de 37 ans dans la Réserve de l’Armée canadienne. Toutefois, cette fois-ci était différente des autres : il s’agissait du tout dernier obus qu’il allait tirer de sa carrière.

Le Maj (ret) Frank a déjà été témoin de cérémonies similaires, qui ont pour but de souligner la fin de la carrière d’un artilleur. Il comprenait l’importance de ce « dernier obus ».

Le Maj (ret) Frank s’est enrôlé dans l’Armée canadienne en 1978 à titre de soldat dans le 11e Régiment d’artillerie de campagne, Artillerie royale canadienne (ARC). Cette unité possède une riche histoire et dispose de batteries à Guelph et à Hamilton, en Ontario.

L’unité a été formée à Guelph, en 1880, lorsque la création de la 1st Provisional Brigade of Field Artillery (1re Brigade provinciale d’artillerie de campagne) a été autorisée. Le Maj (ret) Frank était âgé de 17 ans lorsque des amis l’ont convaincu que les émotions fortes et les possibilités qu’offre la Réserve de l’Armée étaient faites pour lui. Être réserviste lui permettait d’augmenter ses revenus, lui qui aimait déjà travailler en équipe.

Au cours des années qui suivent, le Maj (ret) Frank gravit tous les échelons des grades des militaires du rang et devient officier en 1982. Durant la même période, il obtient son diplôme de génie à l’Université de Guelph. En 1987, il quitte l’Armée afin d’entamer une carrière en affaires. Il revient toutefois au 11e Régiment d’artillerie de campagne en 1992.

Il poursuit son parcours et est promu au grade de major en 2002, tout en travaillant pour une entreprise de génie de l’environnement où il s’occupe de la décontamination des sites contaminés. Durant toute sa carrière civile, il a relevé de nombreux défis et vécu bien des expériences stimulantes, ce qui lui a donné l’occasion de perfectionner ses talents de leader.

« Mais rien ne se compare vraiment aux responsabilités que l’on vous confie en tant qu’officier dans l’Armée », souligne-t-il.

Après tout, savoir utiliser les lourdes pièces d’artillerie de l’ARC et diriger l’équipe qui les emploie exigent certaines compétences, de l’expérience et de la confidence. Le Maj (ret) Frank explique que ses aptitudes ont été mises à l’épreuve lors de l’exercice tenu à la Garnison Petawawa en 1986 où, en tant que jeune capitaine, il a occupé le poste d’officier observateur avancé. Installé directement sur la première ligne, il observait les forces amies et ennemies, déterminant où elles étaient situées et dirigeant les tirs d’artillerie par radio.

Lors de cet exercice de simulation d’un important combat, le Maj (ret) Frank et les membres de son équipe se déplaçaient chacun de leur côté aux alentours de la zone d’impact. Ila avaient pour rôle de communiquer les ajustements à faire aux troupes qui contrôlaient l’obusier et effectuaient les tirs d’artillerie sur les objectifs désignés.

« Nous étions très fiers du travail que nous avons effectué lors de cet exercice », souligne le Maj (ret) Frank. « Nous avons pu ainsi valider tout le travail de préparation et les efforts que doivent déployer un jeune officier d’artillerie et son équipe afin que sur le champ de bataille les FAC disposent à temps d’une puissance de feu précise. »

En 2007, le Maj (ret) Frank a participé à la mission de stabilisation et de maintien de la paix de l’OTAN en Bosnie. Affecté à la cellule du renseignement du quartier général, il a été bien servi par ses nombreuses années d’expérience et la mission en a également profité.

Par cette fraîche journée d’octobre, alors qu’il se préparait à charger la pièce et à tirer le dernier obus de sa carrière dans l’Armée, le Maj (ret) Frank se remémorait sa carrière avec émotion. C’est au Centre d’instruction de la 4e Division du Canada à Meaford, un endroit où il a passé tant de fins de semaine, de semaines et de mois, qu’il s’apprêtait à effectuer son dernier tir.

Après avoir chargé l’obus et avoir pris sa poste à côté de l’obusier, l’artilleur bientôt à la retraite a déclenché la pièce d’artillerie et tiré son dernier obus. Il s’agit d’une vieille tradition, un honneur qui est accordé à un artilleur, quel que soit son grade, lorsqu’il participe à son dernier exercice. Au moment où l’ordre a été donné, il a déclenché l’obusier instinctivement, sans réfléchir à l’importance de ce moment durant cette fraction de seconde, exécutant la manœuvre avec toute la discipline qu’il a perfectionnée au cours de toutes ces décennies.

« Les pensées qui m’ont envahi par la suite étaient aigres-douces », avoue le Maj (ret) Frank.

« Ce fut un moment teinté de tristesse, mais je suis heureux d’avoir eu l’occasion de vivre tant de choses durant la période que j’ai passée dans l’Armée canadienne. Si c’était à refaire, je prendrais assurément toujours la décision de m’enrôler. »

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